L’école
d’horlogerie de Furtwangen a été fondée
il y a 150 ans
par Helmut Kahlert
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Les élèves ou Zöglinge
passaient pratiquement les trois quarts de leur formation dans
les ateliers et un quart à l’école professionnelle
organisée en classes de niveau. Pour être admis,
il fallait avoir au moins 14 ans et une bonne formation scolaire,
cette condition ne pouvant d’ailleurs être toujours
remplie, surtout pour les candidats originaires des petits villages.
La scolarité était gratuite et même si la
formation devait durer trois ans, les élèves restaient
en moyenne moins de deux ans. Pour l’année scolaire
1851/52, l’atelier de production de montres de poche était
complet (18 élèves) et l’atelier de fabrication
d’horloges à ressort l’était pratiquement
avec 17 apprentis. Pour la même période, le personnel
se composait de 12 personnes, dont quatre professeurs d’atelier
et trois professeurs enseignant technologie, création,
économie et langues étrangères à l’école
professionnelle.
En 1857, Robert Gerwig a demandé d’être relevé
de ses fonctions de directeur. Il s’occupait déjà
du projet de chemin de fer de la Forêt-Noire qui allait
le rendre célèbre. L’école d’horlogerie
a alors été restructurée et ses objectifs
modifiés. Alors qu’au début, la formation
hebdomadaire était de 62 heures, elle est passée
plus tard à 66 heures pour la production des montres de
poche, durée dépassée d’ailleurs par
les spécialistes d’horloges à ressort.
Pour un pédagogue moderne, l’école
telle qu’elle était entre 1850 et 1857 était
une véritable école professionnelle spécialisée,
les années suivantes correspondant plutôt à
un atelier d’apprentissage proche des entreprises. Les élèves
n’ont jamais eu de vacances, celles-ci « n’étant
appropriées ni pour le futur commerçant, ni pour
le futur ouvrier devant s’habituer à travailler ».
Selon l’usage alors en vigueur dans l’artisanat horloger
de la Forêt-Noire, seuls le samedi précédant
Pâques, carnaval, la fête patronale et la dernière
semaine de l’année étaient chômés.
L’école a été fermée fin 1863.
Le ministère du commerce compétent était
d’avis que le nombre d’élèves qui avaient
été formés jusqu’alors suffirait pour
insuffler une nouvelle vie à l’artisanat horloger.
Nombreux étaient ceux qui partageaient cet avis, même
s’ils pensaient que le secteur des montres de poche avait
encore besoin d’être soutenu. On peut dire aujourd’hui
que même si tel avait été le cas, la montre
de poche de la Forêt-Noire n’aurait jamais pu faire
face à la concurrence étrangère. Certains
refusaient que le travail soit divisé en plusieurs phases,
il n’y avait pas suffisamment de sous-traitants et les débouchés
étaient de toute façon le principal problème.
Lors des foires annuelles, les montres de
poche ne se vendaient pas aussi bien que les horloges de maison
produites dans la Forêt-Noire. De plus, le marché
était dominé par les articles produits en Suisse
et en Angleterre.
En raison des résultats décevants réalisés
par les fabricants badois participant aux expositions universelles
(en particulier à Vienne en 1873 et à Philadelphie
en 1876) et corroborés par les experts consultés,
il a alors été décidé en 1877 de rouvrir
l’école d’horlogerie de Furtwangen, le personnel
et l’équipement ayant été considérablement
réduits par rapport à 1850. Plus personne ne pensait
alors au marché des montres de poche.
Après 1910, le nom officiel était
Ecole professionnelle d’horlogerie et de mécanique
de précision. L’établissement a formé
apprentis, agents de maîtrise et concepteurs. Le visiteur
s’intéressant aujourd’hui à l’ancienne
école d’horlogerie trouvera à Furtwangen deux
systèmes principaux de formation : la Robert-Gerwig-Schule,
école professionnelle proposant de nombreuses filières
et une Fachhochschule (établissement d’enseignement
supérieur) de technologie, informatique et économie.
(Avec l’aimable autorisation de l’éditeur
Lahrer Hinkender Bote).
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